Le cas Betta Edu dépasse le sort d’une ministre : il met à nu les vulnérabilités d’un appareil social déjà fragilisé par l’inflation et la défiance.
Quand des milliards de nairas destinés aux foyers les plus pauvres transitent par des comptes douteux, c’est toute la crédibilité de l’État qui vacille.
Cette affaire illustre une vérité dérangeante : les filets sociaux du Nigeria ne souffrent pas seulement de corruption individuelle, mais d’une gouvernance poreuse et d’une architecture institutionnelle trop facilement contournable. Suspendre des programmes comme N-Power ou les cantines scolaires envoie un signal de rigueur, mais retarde une aide vitale pour des millions de familles.
À long terme, l’équation est claire : sans réforme structurelle des mécanismes de décaissement, la pauvreté et la défiance s’aggraveront. Restaurer la confiance exige des garde-fous solides — paiements traçables, contrôles indépendants, audits publics — et une exemplarité judiciaire visible. L’exécutif ne peut se contenter d’une posture : il doit démontrer que l’État sait protéger les plus vulnérables au lieu de fragiliser davantage leur survie.
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